1917 : le réalisateur dévoile enfin son impressionnante astuce de tournage en faux plan-séquence

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Secret du réalisateur pour tourner les séquences

Immersif, intense, saisissant : 1917 a marqué les esprits par son approche technique audacieuse. Derrière cette apparente prouesse en un seul souffle se cache un travail minutieux que Sam Mendes et son équipe révèlent enfin.

Un film pensé comme une course contre la montre

Dès les premières minutes de 1917, on est happé. Deux soldats britanniques plongés en pleine Première Guerre mondiale, chargés de livrer un message crucial pour éviter un massacre. Mais ce qui saisit vraiment, c’est la manière dont le film est filmé : on a l’impression de ne jamais quitter leurs pas, comme si tout se déroulait en temps réel, sans aucune coupure.

C’est justement ce que voulait Sam Mendes : une immersion totale, sans souffle, sans recul, comme si le spectateur courait à leurs côtés, au rythme de leur respiration. « Il fallait que le temps ressenti par le public soit celui des personnages », explique le réalisateur.

Un faux plan-séquence bluffant de réalisme

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, 1917 n’est pas un vrai plan-séquence. Il s’agit d’un montage habile de longues prises, fusionnées pour donner l’illusion d’un seul et même plan ininterrompu. Une technique déjà utilisée dans certains classiques comme La Corde d’Alfred Hitchcock ou plus récemment Birdman d’Iñárritu.

Mais ici, la difficulté était d’un autre niveau : environ 40 à 50 scènes ont été tournées et minutieusement raccordées pour que les coupures soient totalement invisibles. « On ne pouvait pas tricher », reconnaît Mendes. « Chaque mouvement, chaque transition, chaque lumière devait être anticipé au millimètre. »

Un tournage sans filet et une météo capricieuse

Roger Deakins, directeur de la photographie oscarisé pour ce film, a dû composer avec de nombreuses contraintes. Tourné presque exclusivement en extérieur, 1917 ne permettait aucun éclairage artificiel fixe. Il fallait s’adapter à la lumière naturelle, aux nuages, et parfois… patienter des heures pour retrouver les mêmes conditions d’un jour à l’autre. La moindre variation météo pouvait ruiner une prise de plusieurs minutes.

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Une séquence particulièrement complexe, celle du traversée du no man’s land, a nécessité des jours de préparation. Une amie, assistante régie sur une autre production tournée en plein air, me confiait que la moindre ombre portée peut obliger une équipe à tout recommencer – alors imaginez sur un film qui ne tolère aucune coupe !

Un accueil critique quasi unanime

Lors de sa sortie en janvier 2020, 1917 a été salué comme un véritable tour de force cinématographique. Qualifié de « brillant et captivant », « virtuose », ou encore de « film total », il a emporté le public comme la critique.

Des voix discordantes se sont tout de même fait entendre, pointant un dispositif parfois jugé « trop démonstratif », ou une mise en scène « au service d’elle-même ». Mais même les plus sceptiques s’accordaient sur la maîtrise technique exceptionnelle du projet.

Un palmarès solide malgré la compétition

Avec ses dix nominations aux Oscars, 1917 avait tous les projecteurs braqués sur lui. Il repartira finalement avec trois statuettes : meilleure photographie, meilleurs effets spéciaux et meilleur mixage sonore. Il décroche également deux Golden Globes (meilleur film dramatique et meilleur réalisateur), confirmant son statut d’ovni technique et narratif.

Derrière cette expérience fluide et haletante, il y avait donc un puzzle géant, une chorégraphie millimétrée, et une équipe prête à tout risquer pour un résultat d’une intensité rare. Un pari osé… mais réussi.

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