Le WiFi n’a pas été inventé par une seule personne mais résulte d’une collaboration scientifique internationale étalée sur plus de 50 ans. Trois noms dominent cette histoire : Hedy Lamarr qui pose les bases théoriques en 1942 avec le saut de fréquence, John O’Sullivan et son équipe australienne du CSIRO qui développent la technologie pratique dans les années 1990, et Vic Hayes qui standardise le tout via la norme IEEE 802.11 en 1997.
Cette invention collective transforme radicalement nos vies : en 2026, plus de 18 milliards d’appareils utilisent le WiFi quotidiennement dans le monde. Pourtant, peu de gens connaissent l’actrice hollywoodienne à l’origine du concept, ou les ingénieurs australiens qui perçoivent encore des royalties sur chaque smartphone et routeur vendu. Voici l’histoire complète des véritables inventeurs du WiFi.
Voici la chronologie des inventeurs et étapes clés du WiFi :
| Année | Inventeur/Organisation | Contribution | Impact |
|---|---|---|---|
| 1942 | Hedy Lamarr + George Antheil | Brevet « saut de fréquence » | Base théorique WiFi/Bluetooth/GPS |
| 1970s | Vic Hayes (Pays-Bas) | Dirige groupe IEEE 802.11 | « Père du WiFi » standardisation |
| 1992-1996 | John O’Sullivan + équipe CSIRO (Australie) | Techniques anti-multipath, modulation OFDM | Technologie WiFi moderne brevetée |
| 1997 | IEEE | Publication norme 802.11 (2 Mb/s) | Premier standard WiFi officiel |
| 1999 | WiFi Alliance | Certification « WiFi » marque commerciale | Garantie interopérabilité mondiale |
| 2026 | Évolution continue | WiFi 7 (46 Gb/s théorique) | 18 milliards d’appareils connectés |
🏆 À RETENIR
💡 3 INVENTEURS, 3 RÔLES COMPLÉMENTAIRES
🎬 HEDY LAMARR : LA VISIONNAIRE
Actrice hollywoodienne qui invente le concept théorique (saut de fréquence) en 1942 pour aider la guerre contre les nazis. Décédée en 2000 sans jamais toucher de royalties, reconnue seulement 3 ans avant sa mort.
🔬 JOHN O’SULLIVAN : LE TECHNICIEN
Ingénieur australien (CSIRO) qui développe la technologie pratique (anti-multipath, OFDM) 1992-1996. Ses brevets rapportent 430 millions $ en royalties sur tous les appareils WiFi vendus.
📋 VIC HAYES : LE COORDINATEUR
Ingénieur néerlandais « Père du WiFi » qui crée le standard universel IEEE 802.11 (1997) après 10 ans de coordination. Sans lui, technologies incompatibles entre fabricants.
🌍 IMPACT MONDIAL DU WIFI
18 Mds
Appareils WiFi connectés en 2026
×23 000
Débit multiplié depuis 1997 (2 Mb/s → 46 Gb/s)
430 M$
Royalties perçues par le CSIRO australien
55 ans
Entre brevet Lamarr (1942) et standard officiel (1997)
🎭 LE PARADOXE HEDY LAMARR
Star hollywoodienne glamour des années 1940, Hedy Lamarr était aussi une inventrice autodidacte brillante. Elle conçoit son système de saut de fréquence en découpant des partitions musicales avec George Antheil (compositeur). L’US Navy rejette leur invention jugée « trop complexe », mais 50 ans plus tard, ce brevet devient la base du WiFi, Bluetooth et GPS utilisés par des milliards d’humains quotidiennement. Une actrice méconnue change le monde numérique.
Hedy Lamarr : l’actrice qui inventa les bases du WiFi en 1942
Hedy Lamarr, star hollywoodienne des années 1940, dépose en 1942 avec le compositeur George Antheil un brevet révolutionnaire intitulé « Secret Communication System ». Cette actrice autrichienne réfugiée aux États-Unis cherche à aider l’effort de guerre américain en sécurisant les communications radio des torpilles guidées contre les sous-marins nazis.
Leur invention repose sur le « frequency hopping » (saut de fréquence) : au lieu d’émettre sur une seule fréquence facilement brouillable, le signal saute rapidement entre 88 fréquences différentes selon une séquence connue uniquement de l’émetteur et du récepteur. L’ennemi ne peut ni intercepter ni brouiller la transmission car il ignore sur quelle fréquence écouter à chaque instant. Le chiffre 88 vient de la passion d’Antheil pour le piano (88 touches).
L’US Navy rejette initialement le brevet jugé trop complexe à implémenter avec la technologie mécanique de l’époque (rouleaux de papier perforé synchronisés). Le brevet tombe dans le domaine public en 1962, et les ingénieurs le redécouvrent dans les années 1980-1990 pour développer les communications sans fil modernes. Cette technique de saut de fréquence constitue aujourd’hui le cœur du WiFi, Bluetooth et GPS.
Hedy Lamarr ne perçoit jamais un centime de royalties de son vivant. Ce n’est qu’en 1997, à 83 ans, qu’elle reçoit le prix Pioneer Award de l’Electronic Frontier Foundation reconnaissant enfin sa contribution majeure. Elle décède en 2000, trois ans après la standardisation WiFi qu’elle a rendue possible.
John O’Sullivan et le CSIRO : les véritables inventeurs techniques du WiFi
John O’Sullivan, ingénieur australien travaillant au CSIRO (Organisation de recherche scientifique et industrielle du Commonwealth) à Sydney, cherchait initialement à détecter des trous noirs en analysant leurs émissions radio. Son équipe développe des algorithmes mathématiques sophistiqués pour filtrer les interférences radio et extraire des signaux faibles noyés dans le bruit.
Ces techniques anti-interférences s’avèrent parfaites pour résoudre le problème du multipath : en intérieur, les ondes WiFi rebondissent sur murs, meubles et objets métalliques, créant des échos qui brouillent le signal. L’équipe CSIRO (John O’Sullivan, Graeme Daniels, Diet Ostry, John Deane, Graham Daniels) développe entre 1992 et 1996 la modulation OFDM (Orthogonal Frequency-Division Multiplexing) qui divise le signal en multiples sous-canaux parallèles résistant aux interférences.
Le CSIRO dépose plusieurs brevets fondamentaux entre 1992 et 1996 couvrant ces techniques. Ces brevets deviennent essentiels pour tout appareil WiFi : impossible de fabriquer un routeur, smartphone ou laptop WiFi sans utiliser cette technologie brevetée. Entre 2000 et 2012, le CSIRO engage des batailles juridiques contre les géants tech (Apple, Microsoft, Dell, HP, Nintendo) qui utilisaient le WiFi sans payer de licences.
Le CSIRO finit par gagner et perçoit plus de 430 millions de dollars de royalties au total, redistribués partiellement aux inventeurs originaux. John O’Sullivan est aujourd’hui considéré comme le véritable inventeur technique du WiFi moderne tel que nous l’utilisons quotidiennement, distinct du concept théorique de Lamarr.
Vic Hayes : le « père du WiFi » qui standardisa la technologie

Vic Hayes, ingénieur néerlandais travaillant chez NCR Corporation puis Agere Systems, dirige dès les années 1970 le groupe de travail IEEE 802.11 chargé de créer un standard universel pour les réseaux locaux sans fil. Sans cette standardisation, chaque fabricant aurait développé sa propre technologie incompatible, empêchant l’adoption massive.
Hayes préside ce groupe pendant plus de 10 ans (1990-2000), coordonnant les contributions de dizaines d’entreprises et laboratoires (AT&T, Lucent, Symbol Technologies, CSIRO). Il arbitre les choix techniques cruciaux : bandes de fréquences (2,4 GHz initialement), techniques de modulation, protocoles de sécurité, méthodes d’accès au canal partagé. Ce travail titanesque aboutit à la publication en 1997 de la norme IEEE 802.11 originale.
Cette première norme offre des débits modestes de 2 Mb/s sur la bande 2,4 GHz, mais pose toutes les bases architecturales du WiFi moderne. Hayes supervise ensuite les évolutions majeures : 802.11b (1999, 11 Mb/s), 802.11a (1999, 54 Mb/s sur 5 GHz), 802.11g (2003, 54 Mb/s sur 2,4 GHz). Sa vision d’un standard ouvert et interopérable permet au WiFi de devenir universel plutôt que fragmenté en technologies propriétaires.
Vic Hayes reçoit le surnom de « Père du WiFi » pour ce rôle central de coordination et standardisation. Sans ingénieur visionnaire acceptant de passer des années en comités techniques ingrats, les brillantes inventions de Lamarr et O’Sullivan seraient restées technologies de niche incompatibles. Hayes prend sa retraite en 2003, remplacé par d’autres leaders poursuivant l’évolution vers WiFi 4, 5, 6, 7.
La WiFi Alliance : transformer IEEE 802.11 en marque mondiale
En 1999, plusieurs géants technologiques (Cisco, 3Com, Aironet, Intersil, Lucent Technologies, Nokia, Symbol Technologies) créent la WECA (Wireless Ethernet Compatibility Alliance), rebaptisée WiFi Alliance en 2002. Leur objectif : créer un label de certification garantissant l’interopérabilité entre appareils de fabricants différents respectant la norme IEEE 802.11.
Le terme « WiFi » lui-même est une invention marketing de la WiFi Alliance, inspiré de « Hi-Fi » (High Fidelity) mais ne signifiant techniquement rien (contrairement à la légende urbaine « Wireless Fidelity »). Ce nom accrocheur remplace avantageusement le jargon rébarbatif « IEEE 802.11b Direct Sequence » dans la communication grand public. La certification WiFi devient un gage de qualité : les consommateurs savent qu’un routeur certifié WiFi 6 fonctionnera avec n’importe quel smartphone WiFi 6.
La WiFi Alliance compte en 2026 plus de 800 entreprises membres et a certifié des dizaines de milliers de produits. Elle pilote également l’évolution des standards de sécurité (WPA, WPA2, WPA3) et les programmes de certification spécialisés (WiFi Direct, WiFi Aware, WiFi HaLow pour IoT). Sans cette coordination industrielle, le WiFi serait resté balkanisé comme le Bluetooth des années 2000 avec ses incompatibilités frustrantes.
L’Alliance ne possède aucun brevet technique mais joue un rôle économique crucial : elle transforme des standards IEEE complexes en écosystèmes commerciaux cohérents, accélérant l’adoption massive par les fabricants et consommateurs. Son logo « WiFi Certified » apposé sur les produits garantit compatibilité universelle, élément clé du succès planétaire de la technologie.
L’évolution du WiFi : de 2 Mb/s à 46 Gb/s en 30 ans

Le WiFi a connu 7 générations majeures depuis 1997, chacune multipliant les performances. WiFi 1 (802.11b, 1999) atteint 11 Mb/s, suffisant pour navigation web basique. WiFi 2 (802.11a, 1999) monte à 54 Mb/s sur 5 GHz moins encombrée. WiFi 3 (802.11g, 2003) combine débit 54 Mb/s et compatibilité 2,4 GHz existante.
WiFi 4 (802.11n, 2009) révolutionne avec MIMO (Multiple Input Multiple Output) utilisant plusieurs antennes simultanées pour atteindre 600 Mb/s théoriques. Cette génération démocratise le streaming HD. WiFi 5 (802.11ac, 2014) explose à 3,5 Gb/s théoriques en exploitant mieux la bande 5 GHz avec canaux 160 MHz et modulation 256-QAM.
WiFi 6 (802.11ax, 2019) apporte l’efficacité spectrale avec OFDMA (divise canaux en sous-canaux pour servir multiples appareils simultanément), atteignant 9,6 Gb/s théoriques. WiFi 6E (2020) ajoute la bande 6 GHz fraîchement libérée, triplant le spectre disponible. WiFi 7 (802.11be, 2024) culmine à 46 Gb/s théoriques avec canaux 320 MHz et MLO (connexion simultanée multi-bandes).
Chaque génération réduit également la latence : de 150 ms en WiFi 4 à moins de 5 ms en WiFi 7, crucial pour cloud gaming et VR. L’efficacité énergétique s’améliore drastiquement : un smartphone WiFi 6 consomme 30% moins qu’en WiFi 5 à débit équivalent grâce à TWT (Target Wake Time) qui synchronise les transmissions. Ces évolutions perpétuent l’héritage des pionniers en adaptant le WiFi aux besoins croissants.
Le WiFi a été inventé collectivement par Hedy Lamarr (actrice inventant le saut de fréquence en 1942, base théorique WiFi/Bluetooth/GPS), John O’Sullivan et l’équipe CSIRO australienne (développant la technologie anti-multipath et modulation OFDM en 1992-1996, détenteurs brevets fondamentaux rapportant 430 millions $), et Vic Hayes (dirigeant standardisation IEEE 802.11 années 1970-2000, « père du WiFi »). La norme IEEE 802.11 publiée en 1997 officialise le premier standard WiFi à 2 Mb/s. La WiFi Alliance créée en 1999 transforme le jargon technique en marque commerciale universelle « WiFi » avec certification garantissant interopérabilité mondiale. L’évolution technologique franchit 7 générations : WiFi 1 (11 Mb/s, 1999) à WiFi 7 (46 Gb/s théoriques, 2024), réduisant latence de 150 ms à < 5 ms et améliorant efficacité énergétique 30%. En 2026, 18 milliards d’appareils utilisent quotidiennement cette invention collective. Hedy Lamarr, décédée en 2000, ne perçut jamais de royalties mais reçut reconnaissance tardive en 1997. Le CSIRO australien reste aujourd’hui bénéficiaire des brevets essentiels utilisés par tous fabricants WiFi mondiaux. Cette histoire démontre qu’une grande invention nécessite vision théorique (Lamarr), implémentation technique (O’Sullivan/CSIRO) et standardisation industrielle (Hayes/WiFi Alliance).