Même les plus grands réalisateurs et producteurs savent parfois prendre leurs distances avec certains projets. C’est le cas de Steven Spielberg, qui a choisi de retirer son nom d’un film qu’il avait pourtant contribué à lancer : Trois heures, l’heure du crime (Three O’Clock High en VO), un teen movie sorti en 1987 et vite tombé dans l’oubli.
Un film trop éloigné de l’esprit Amblin
À la fin des années 80, la société Amblin Entertainment, fondée par Spielberg, s’était imposée comme un label de référence grâce à des œuvres lumineuses et fédératrices : E.T., Retour vers le futur, Les Goonies ou encore Fievel. Ces films portaient une empreinte bien particulière : émotion, aventure et optimisme.
Mais avec Trois heures, l’heure du crime, réalisé par Phil Joanou, le ton est radicalement différent. Le film suit Jerry, un lycéen timide qui, après avoir contrarié Buddy, le caïd de l’école, se retrouve piégé dans une spirale de peur et de violence. Tout converge vers un duel programmé à 15h, où l’adolescent doit affronter son bourreau. Loin des comédies adolescentes colorées de l’époque, le long-métrage installe une atmosphère lourde, parfois proche du thriller psychologique.

Des thèmes jugés trop sombres
Pom-pom girls hystériques, flirt maladroit entre un élève et son enseignante, tension constante : le film ose des situations que Spielberg jugeait probablement trop risquées pour l’image familiale de sa société de production. Résultat : ni son nom, ni celui d’Amblin n’apparaissent au générique. Un geste rare, mais révélateur de la volonté du cinéaste de protéger son image publique et celle de son studio.

Un clin d’œil qui trahit son passage
Malgré cette prise de distance officielle, quelques indices rappellent sa présence en coulisses. Dans une scène, on entend le morceau “Out To Sea”, tiré de la bande originale des Dents de la mer, l’un de ses films cultes. Comme un discret rappel que Spielberg avait bien été lié à ce projet, avant de se désengager officiellement.

Un échec commercial
Avec un budget estimé à 5 millions de dollars, le film n’a rapporté que 3,6 millions au box-office américain. Une performance décevante, qui confirme sans doute l’intuition de Spielberg : malgré une réalisation correcte et une approche différente du teen movie, l’histoire n’a pas su séduire le public.
En résumé : Trois heures, l’heure du crime reste un épisode méconnu de la carrière de Spielberg, celui d’un projet qu’il a préféré effacer de son parcours. Une preuve supplémentaire que même les légendes d’Hollywood savent reconnaître, parfois à temps, les films qui ne collent pas à leur univers.
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